Le petit Monsieur en gris (7:28)

 

L’aventure commença dans ma douche, un samedi soir, n’en voyez pas ici une anecdote croustillante, non ce fut beaucoup plus simple…écoutant distraitement la radio, sous le fil de l’eau, mon attention auditive est attirée par un texte, qui tout de suite m’émeut…n’écoutant que mon courage, à peine sortis de ma douche, j’envoi un mail à la radio d’où est diffusé l’émission dans le but de me procuré le texte. Impatient, déjà mon esprit foisonne d’images. Quelques minutes plus tard je reçois par mail et le texte et les coordonnés de l’auteur (ici une femme en l’occurrence).

Pris par le vertige d’un nouveau diaporama, je m’empresse d’écrire à cette dame, pour lui demander l’autorisation d’utiliser son texte. Car il faut savoir, qu’un texte qui passe dans une émission de radio est sujet aux droits d’auteur. Cette charmante dame n’hésite pas à me donner la dite autorisation écrite et me propose même une cassette avec l’enregistrement de la voix. Mais dans ma tête une autre idée à germer et comme je trouve la voix radiophonique un peu jeune je décline l’offre. Connaissant une comédienne que j’avais déjà entendu dans un diaporama concurrent, je prends contact et suite à son accord, nous prenons rendez-vous à Soignies (vous savez l’ancien studio des «  chasseurs de sons ») pour l’enregistrement du texte. Ici mon ami Paul Janssens est de la partie pour le montage sonore. L’idée était que le texte soit dit comme s’il était encore dans la pensée de la dame…l’essai est concluant, mais comme il est murmuré, je ne vous dis pas les heures passées à « nettoyer la voix ». Nous avons une voix « propre » reste à trouver une musique qui va s’adapter au timbre de la voix et naturellement au texte. Comme d’habitude, recherche tout azimut, et finalement c’est chez mon fournisseur attitré de cd que je trouve ce que je cherche, un cd ECM production - intitulé « At Home » et interprété par Misha Alperin au piano. Le titre générique  me semble correspondre au texte. Je le soumets à Paul qui lui par contre n’a pas la même idée que moi. Finalement c’est la plage « Nostalgia » que nous retiendrons, seulement elle fait 2’40 et le texte beaucoup plus ! L’idée nous vient d’exploiter les bruitages. Paul ancien président des « Chasseurs de son » belge est assez allergique aux bruitages « tout fait » vendus sous forme de cd. De commun accord, nous allons nous partager le travail, Paul prendra du son dans des gares et sur le train, (plus facile pour lui comme il travaille aux chemins de fer) et moi je m’occuperai de tout ce qui est bruitages de ville et de métro.

J’apprend que pour ce promener avec un micro dans le métro il faut une autorisation….grâce à un ami de longue date, j’obtiens une autorisation écrite, la même que l’on donne aux cinéastes professionnelles, pour un an, me permettant de prendre du son et de filmer dans le métro, pour moi ce sera bien sûr les prises de vue argentique.

Un samedi, muni de mon Tascam Dat, d’un micro électret Sony stéréo ECM-MS957, et d’une perche, je m’en vais prendre du son dans le métro, une journée de voyage, dans les couloirs du métro bruxellois, dans les rames et sur les quais. Cela va des portes qui s’ouvrent et se referment, de conversations dans les wagons,  de départs et d’arrivées de rames, de bruit de pas dans les escaliers et couloirs, etc… tout peux servir pour le montage, donc je prend un maximum de bruitages. Bien sûr, les « bonjour micro » s’accumulent, mais bon cela sera coupé au montage. Reste les bruitages de ville et de circulation. C’est à même le sol armé d’un micro Sehnneiser 421 sur pied qu’un soir, sous le regard éberlué des automobilistes passant à ce carrefour aux heures de pointe que je réalise cette prise de son, il faut bien prendre quelques risques parfois.  Munis d’un bon stock de bruitages, je retrouve mon complice quelques temps plus tard pour le montage proprement dit.

Evidement, c’est d’abord l’écoute et le tri de ce que nous allons utiliser, un véritable puzzle,  et puis le montage son (merci Paul pour ta patience) qui nous prendra quelques heures (quand on aime on ne compte pas). La bande-son prend corps et petit à petit cela devient cohérent.

Reste les images…D’abord quelle saison ? Il me semble que l’automne et l’hiver correspondront le mieux à l’intrigue. Et pour commencer je vais photographier la gare de Verviers, début de l’histoire. Comme à l’habitude, je me renseigne sur le temps et la direction du soleil pour avoir la façade éclairée. Anecdote amusante ; un dimanche matin, je téléphone à cette gare pour voir s’il y a du soleil et notamment sur la façade, et là il faut souligner la gentillesse de l’employé qui quitte son guichet pour sortir de la gare et me signifier quelques secondes après qu’il fait gris…Plus tard, je prends contact avec le chef de gare, à qui j’explique ma démarche et je lui demande l’autorisation de prendre des dias à l’intérieur de la gare. Avec son accord, un jour de grand soleil, je prends r.d.v et ce brave homme me conduit dans tous les endroits possible et imaginable de cette gare, même sur le grenier, pour avoir les meilleures prises de vue. Il y a vraiment un bon Dieu pour les diaporamistes. En relisant le scénario, je comprends que pour cela soit plausible, je dois faire attention à l’heure de l’horloge dans le grand hall de la gare de Verviers (9h25) et puis du trajet  que fera le train jusque Liège (9h49) jusqu'à la gare centrale (69 min.). Et oui, il y a des spectateurs attentifs… Le stock d’images se précise. Reste à savoir si je vais faire des prises de vues dans un compartiment de wagon, très vite je me rends compte qu’il n’y a pas grand-chose à photographier dans un train et qu’en plus il doit être à l’arrêt, en plus, un train dans une gare est fermé si il ne roule pas…l’idée est vite rejeté, il me faut autre chose. Un jour dans un journal, suite à un article d’une grève au chemin de fer, je découvre une photo de rails, prise avec une lumière particulière, voila exactement ce qu’il me faut. Pour corser le tout, je vais à l’agence « Belga » qui conserve les négatifs des clichés pris par leurs journalistes et avec la date du journal et la gentillesse des secrétaires, je retrouve le négatif et l’endroit ou cela a été tiré. C’est dans la sortie de la gare de Dendermonde. Il me faut ce genre d’endroit…et cette lumière. Après de nombreux renseignements auprès d’amis, je trouve une gare de triage près de Namur, et un dimanche d’hiver ou la lumière est particulièrement belle, armé de mon Nikon, je pars à la chasse aux rails et autres ambiances ferroviaires… Arrivé à l’endroit, un panneau m’indique que le site est interdit à toute personnes étrangère au service, aie aie, ça commence mal. Prenant mon courage à deux mains je rentre quand même et j’aperçois une tour de dispaching, je vais leur demander, le temps d’expliquer ma demande, la belle lumière s’en va, mais moi je détient un n° de téléphone d’un responsable qui pourra peut-être m’aider. Pendant la semaine je prends contact avec celui-ci, qui me confirme une autorisation à condition de faire très attention et de ne pas approcher des rails… Le samedi suivant, j’ai de la chance, la lumière d’hiver est rasante et de nouveau aussi belle, et bien sur me voilà partis sur le site, je me fais connaître et j’obtiens le laissez-passer indispensable pour faire mes images. Evidemment, je prends quelques risques, car je travaille au 55m/m et au 105 macro pour avoir une belle profondeur de champs. Après une longue matinée de prise de vues, voilà les photos misent en boite. Reste encore la gare du Nord puisque le train passe par là et la gare Central jonction avec le métro (vers St Guidon) Toujours l’hiver, je vais gare du Nord, munis d’un pied photos et d’un 80/200 m/m. C’est depuis les quais je ferai mes prise de vues, sans aucune autorisation et le moins du monde inquiété, au contraire j’ai droit au signe de mains et au sourire des cheminots, c’est pas beau ça ! Le montage se précise…Gare central, c’est un après-midi que je procède aux prise de vues, quelques unes à l’intérieur qui ne me donne pas entière satisfaction, malgré le filtre que j’ai mis sur l’objectifs pour que l’éclairage (néon) ne soit pas verdâtre, filtre que j’utiliserai également pour les prise de vues sur les quais du métro, finalement j’utiliserai peu d’images de cette gare.  Vient les prises de vues dans le métro. Toujours munis de mon passe-droit, il me faudra quelques matins frileux aux heures de pointes entre 7h et 8 h, seul et dans différentes station pour arriver à me constituer un stock valable de dias, La station de métro St guidon et l’église, se ferons en deux fois, et cette fois ci en automne, tout comme certaines prises de vue de la ville. Les intérieurs de l’église St Guidon furent faites en semaine, et le plus souvent le matin, toujours pour la direction de la lumière. C’est dans le parc de Bruxelles, que je découvrirai le petit « angelot » qui sera le symbole de l’amour et qui servira également dans le générique de fin, les deux feuilles d’automne, mises l’une à côté de l’autre en quinconce  seront le dernier symbole, de la passion qui unira les deux amants.

Et puis nous arrivons enfin au montage et à la synchronisation des images et du son. Comme toujours ce sont des heures de triages sur la table de lumière  et de choix dias et l’aide de copain (merci Léon) pour arriver à un montage cohérent. Les projections en soirée de travail au club, serviront grandement à affiner les fondus et finalement c’est en fin d’année  2004 que le montage sera définitivement terminé pour le gala du club. Quelle belle aventure que l’histoire du petit monsieur en gris….

A bientôt pour une autre saga de « il à un début à tout…diaporama ».

Christian Hendrickx

 

 

Fiche technique : Texte : Siska Moffarts

                            Musique : Misha Alperin 

                            Voix : Francoise Licour

                            Montage sonore : Paul Janssens et Christian Hendrickx

                            Synchronisation ; Bässgen quatrix II – 4 projecteurs

                            Année de réalisation ; 2004

Ce montage fut numérisé en 2006

Envoyé à Doriken le 19.02.08 pour le DCB